Maintien de revenus
Prévoyance dermatologue : couvrir l’arrêt de travail
En libéral, un arrêt de travail arrête les honoraires — pas les charges. Loyer du cabinet, secrétariat, cotisations, emprunt : tout continue. Le régime obligatoire des médecins verse quelque chose, mais tard et sans rapport avec vos revenus réels. La prévoyance complémentaire comble cet écart.
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- votre régime obligatoire
- CARMF
- elles ne s’arrêtent pas
- Charges fixes
- avant les IJ de la CARMF
- 91e jour
Pourquoi un dermatologue libéral a besoin d’une prévoyance
Parce qu'entre le premier jour d'arrêt et le versement du régime obligatoire, il existe une période où rien n'entre — et où tout sort.
Un cabinet de dermatologie a des charges fixes lourdes : loyer, secrétariat ou plateforme de secrétariat, matériel (dermatoscope numérique, laser, cryothérapie), assurances, cotisations sociales et ordinales, souvent un emprunt d'installation. Ces charges sont dues que vous consultiez ou non.
Côté recettes, l'exercice libéral n'a aucun amortisseur : une hospitalisation, une intervention, un burn-out ou un accident, et le chiffre d'affaires tombe à zéro le jour même.
Assurance qui vous verse un revenu de remplacement en cas d'arrêt de travail, d'invalidité ou de décès. Elle se distingue de la mutuelle, qui rembourse des frais de santé, et de la RCP, qui indemnise les tiers.
Beaucoup de contrats proposent, à côté des indemnités journalières, une garantie « frais généraux permanents » qui prend en charge les charges fixes du cabinet pendant l'arrêt. Pour un praticien avec local et secrétariat, c'est souvent la garantie qui change réellement l'équation.
Ce que couvre déjà le régime obligatoire
Avant de souscrire, il faut savoir précisément ce que vous avez — c'est la seule façon de ne pas payer deux fois la même garantie.
Le médecin libéral cotise à la CARMF (Caisse autonome de retraite des médecins de France), qui gère notamment un régime invalidité-décès obligatoire. Ce régime prévoit des indemnités journalières en cas d'incapacité temporaire, une rente d'invalidité en cas d'incapacité définitive, et un capital ainsi que des rentes en cas de décès.
Deux caractéristiques structurent tout le raisonnement : ces prestations sont forfaitaires — elles ne sont pas proportionnelles à vos honoraires — et l'indemnité journalière du régime n'intervient qu'après une période d'arrêt significative, pas dès les premiers jours.
| Prestation | Montant (barème CARMF 2026) | Condition |
|---|---|---|
| Indemnité journalière | 65,84 €/jour pour un revenu 2024 inférieur ou égal à 48 060 € ; 1/730e des revenus au-delà ; 197,51 €/jour au maximum | À partir du 91e jour d’arrêt total de travail, et à condition d’être à jour de ses cotisations |
| Durée maximale des IJ | 36 mois | Barème dégressif à partir de 62 ans |
| Rente d’invalidité totale et définitive | 23 662 €/an pour un revenu inférieur ou égal à 48 060 € ; 31 549 €/an au maximum | Servie jusqu’au trimestre suivant le 62e anniversaire ; majorations conjoint, tierce personne et bonification familiale possibles |
| Indemnité décès | 71 500 €, versement unique | Médecin de moins de 75 ans, affilié, à jour de cotisations, non retraité |
Source : CARMF, guides « Incapacité temporaire et invalidité » et « Droits et formalités au décès », édition janvier 2026.
Depuis juillet 2021, l'Assurance maladie verse aux médecins libéraux des indemnités journalières pendant les 90 premiers jours d'arrêt, avec un délai de carence de 3 jours. La CARMF prend le relais à partir du 91e jour. Le vrai problème n'est donc pas l'absence totale de revenu, mais son niveau : les prestations sont forfaitaires et plafonnées, très loin des honoraires d'un cabinet, et elles ne financent pas vos charges fixes.
- Ce que le régime obligatoire assure
- Un socle forfaitaire : indemnités journalières à partir du 91e jour, rente d'invalidité, indemnité décès. Un plancher, pas un maintien de niveau de vie.
- Ce qu’il n’assure pas
- La proportionnalité à vos revenus réels au-delà des plafonds, et les charges fixes de votre cabinet.
- Le point aveugle du décès
- L'indemnité décès de la CARMF ne bénéficie ni au concubin ni au partenaire de PACS, et les ayants droit d'un médecin déjà retraité n'y ont pas droit. L'ordre des bénéficiaires est imposé et non modifiable — un contrat de prévoyance individuel est le seul moyen de désigner librement.
- Ce que la complémentaire ajoute
- Une franchise que vous choisissez, des indemnités calées sur votre revenu déclaré, une rente d'invalidité évaluée sur votre profession et une couverture des frais généraux.
Demandez au courtier de partir de vos chiffres réels : bénéfice déclaré des trois dernières années, montant mensuel des charges fixes du cabinet, et prestations que votre régime obligatoire verserait effectivement. Le besoin de couverture est l'écart entre les deux — rien d'autre.
Ce que couvre une prévoyance complémentaire
- Incapacité temporaire
- Des indemnités journalières versées pendant l'arrêt, à partir de la franchise choisie et jusqu'à une durée maximale prévue au contrat.
- Invalidité
- Une rente si vous ne pouvez plus exercer, totalement ou partiellement. Le mode d'évaluation du taux est le point le plus important du contrat.
- Décès
- Capital et, selon les options, rente au conjoint et rente éducation pour les enfants.
- Frais généraux permanents
- Prise en charge des charges fixes du cabinet pendant l'arrêt : loyer, salaires, cotisations, emprunt professionnel.
Le délai de franchise — le nombre de jours d'arrêt avant le premier versement — est le principal curseur de prix. Une franchise courte coûte sensiblement plus cher, mais c'est elle qui couvre les arrêts les plus fréquents, qui sont aussi les plus courts.
Les clauses qui décident vraiment de l’indemnisation
Deux contrats au même prix peuvent donner des résultats radicalement différents. La différence tient à trois ou quatre lignes.
- Une définition de l’invalidité tenant compte de votre profession de dermatologue, et pas seulement de toute activité
- Une couverture explicite des affections psychiques (burn-out, dépression), souvent exclue ou limitée
- Une couverture des affections du dos et des articulations, fréquemment restreintes
- Le maintien de la garantie en cas de reprise partielle d’activité (mi-temps thérapeutique)
- Une revalorisation des prestations en cours de service
- Une invalidité évaluée « toutes professions » : vous n’êtes indemnisé que si vous ne pouvez plus rien faire
- Des exclusions dos / psychiatrie non rachetables
- Un questionnaire médical rempli à la légère : la fausse déclaration se paie au sinistre
- Une franchise longue choisie pour faire baisser la cotisation, qui laisse les arrêts courts non couverts
- Une limite d’âge de cessation des garanties mal alignée sur votre date de départ prévue
Un dermatologue qui perd la vision fine, la précision du geste ou la station assise prolongée peut être définitivement empêché d'exercer sa spécialité tout en restant apte à une autre activité. Si votre contrat évalue l'invalidité toutes professions, vous ne serez pas indemnisé. C'est la clause à lire en premier.
Un arrêt de six mois, avec et sans complémentaire
Une chirurgie du canal carpien, suivie d'une rééducation plus longue que prévue : six mois sans consultation. Sans contrat complémentaire, le praticien attend la prise en charge de son régime obligatoire, forfaitaire et tardive, tout en continuant de payer le loyer du cabinet, le secrétariat et son emprunt d'installation. Avec un contrat prévoyant une franchise courte, des indemnités journalières calées sur son revenu déclaré et une garantie frais généraux, l'arrêt devient un problème médical au lieu d'un problème financier.
La règle empirique tient en une phrase : le besoin de prévoyance d'un libéral se mesure moins à son revenu qu'à ses charges fixes incompressibles. Un praticien seul, sans local ni salarié, a un besoin très différent de celui d'un cabinet de groupe avec deux secrétaires et un plateau technique.
Questions fréquentes sur la prévoyance du dermatologue
La prévoyance est-elle obligatoire pour un dermatologue ?
Que verse la CARMF en cas d’arrêt de travail ?
Que verse la CARMF en cas d’invalidité ou de décès ?
Qu’est-ce que la garantie frais généraux permanents ?
Le burn-out est-il couvert ?
Quelle franchise choisir ?
Puis-je déduire mes cotisations de prévoyance ?
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